PER ou 3ème pilier pour sa prévoyance ? Le guide par LP Advice
Vous êtes frontalier suisse et travaillez dans le canton de Genève ? Vous pouvez alors prétendre à deux grandes solutions d’investissement en vue de vous préparer à la retraire : le PER, pour Plan d’Épargne Retraite et disponible en France, ou le 3ème pilier, disponible en Suisse. Mais concrètement, pour le frontalier, difficile de s’y retrouver entre ces appellations, les conditions juridiques de chacun et leurs avantages respectifs. Ainsi, si vous vous demandez que choisir entre PER et 3ème pilier, LP Advice vous propose un petit guide comparatif dans ce nouvel article !
Qu’est-ce que le PER ?
Le PER, ou Plan d’Épargne Retraite, est un produit français lancé en 2019 dans le cadre de la loi Pacte. Ce nouveau dispositif remplace les anciens dispositifs de retraite qu’étaient le Perp, le Madelin ou encore le Perco. Il existe en trois versions : le PER individuel (PERIN), le PER collectif (pour les salariés) et le PER obligatoire (lié à l’entreprise). Le PERIN reste le plus proche du 3e pilier suisse dans son fonctionnement.
Ce qui fait la force du PER, c’est sa souplesse. L’épargnant peut y verser librement des montants à sa convenance, tout en bénéficiant, selon sa situation fiscale, d’un avantage sous forme de déduction d’impôt. L’argent reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf exceptions prévues par la loi : décès du conjoint, invalidité, surendettement ou encore achat de la résidence principale, ce dernier point étant particulièrement attractif.
Sur le plan fiscal, les sommes versées sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond défini annuellement (montant d’un PASS de la Sécurité Sociale ou pourcentage de l’ensemble des revenus). À la sortie, l’imposition dépend de la forme choisie (capital ou rente), mais l’avantage immédiat reste la réduction d’impôt à l’entrée, ce qui le rend particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés.
Qu’est-ce que le 3ème pilier ?
Côté suisse, le 3ème pilier vient compléter le système de prévoyance reposant sur trois étages. Les deux premiers qui sont l’AVS (pilier 1) et la prévoyance professionnelle (pilier 2), couvrent les besoins de base. Le 3ème pilier, quant à lui, est facultatif, mais fortement encouragé, car les deux premiers ne suffisent généralement pas à maintenir son niveau de vie à la retraite.
Il existe deux grandes formes de 3ème pilier : le 3e pilier lié (pilier 3a) et le 3e pilier libre (pilier 3b). Le pilier 3a est le plus courant : il est destiné aux personnes exerçant une activité rémunérée en Suisse, avec des plafonds annuels de versements défiscalisés. Ce capital est bloqué jusqu’à cinq ans avant l’âge légal de la retraite, sauf cas spécifiques comme l’acquisition d’un logement principal, le départ définitif de Suisse ou le passage à l’indépendance.
Le pilier 3b, plus souple, n’offre pas nécessairement d’avantage fiscal, mais il permet une grande liberté sur les montants versés, les bénéficiaires et les modalités de sortie.
Quels sont les avantages respectifs de chaque solution ?
Mais alors, maintenant que vous savez quelles sont les différences entre le PER et le 3ème pilier, vous vous demandez peut-être concrètement quels sont les avantages de chacune de ses solutions ?
Le PER est particulièrement adapté à ceux qui souhaitent optimiser leur fiscalité annuelle tout en se constituant un complément de revenu à la retraite. Autre avantage majeur : la possibilité d’utiliser son épargne pour acquérir sa résidence principale. Pour les jeunes actifs ou les ménages encore locataires, cela peut constituer un levier intéressant à envisager.
En revanche, l’imposition à la sortie peut être dissuasive si elle n’est pas anticipée correctement. En capital, le gain net dépendra du taux marginal d’imposition (TMI français) à la retraite.
Le 3ème pilier suisse (notamment le 3a) est, de son côté, une solution extrêmement solide pour les résidents ou frontaliers. Le cadre fiscal est incitatif et le rendement peut s’avérer intéressant selon les supports choisis : banques ou assurances. Pour les frontaliers imposés en Suisse, le 3a permet une optimisation réelle de la charge fiscale, tout en s’inscrivant dans un système de prévoyance reconnu pour sa stabilité.
On notera également qu’un avantage notable du 3ème pilier est de permettre l’investissement dans un produit en francs suisses, contrairement à l’investissement en euros. Le franc suisse étant une monnaie plus stable que l’euro, le 3ème pilier peut alors se positionner comme une bonne alternative.
PER ou 3ème pilier : que choisir ?
Vous l’aurez probablement compris à ce stade : le choix entre PER et 3ème pilier ne dépend pas d’une comparaison froide de taux ou d’avantages fiscaux. En effet, nous ne pouvons que vous conseiller de soigneusement soupeser votre décision et de la baser en fonction de lieu de résidence, votre statut professionnel, vos objectifs patrimoniaux et de votre horizon de placement.
Pour un résident fiscal en France disposant de revenus annexes générés sur le territoire français, le PER reste aujourd’hui la solution la plus logique, tant pour sa fiscalité à l’entrée que pour sa capacité à accompagner des projets immobiliers. Il permet aussi une certaine souplesse dans la gestion des supports, qui peut convenir à différents profils de risque.
En revanche, pour un résident suisse, ou un frontalier travaillant en Suisse, le 3ème pilier s’impose naturellement comme l’outil de référence. Il s’intègre dans un système de prévoyance structuré, reconnu pour sa robustesse, offre la stabilité du franc cuisse et permet une déduction fiscale non négligeable à condition de cotiser régulièrement. Dans certains cas, une combinaison des deux peut même être envisagée, notamment pour les frontaliers disposant d’une double fiscalité ou en transition entre les deux pays.
L’essentiel est de ne pas choisir à l’aveugle. C’est pourquoi LP Advice vous propose une analyse gratuite de votre dossier et peut vous fournir des recommandations personnalisées en fonction de votre situation ! Envie d’en profiter ? Contactez-nous.
